Milieu scolaire et éducatif

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Le contexte sociétal, terreau fertile à la violence

Nous vivons dans un monde où l’insécurité règne. Face à l’injustice, à la précarité, à la solitude, au manque affectif, nombreux sont ceux qui se sentent démunis, impuissants. Certains vont même jusqu’à sombrer dans la déprime, les addictions ou la violence. L’agressivité constitue souvent le seul moyen de libérer les tensions et les émotions accumulées.

Dans les écoles, les enseignants sont tiraillés entre les programmes pédagogiques à respecter et des tâches d’éducateurs, grandes consommatrices d’énergie. De leur côté, les jeunes sont en recherche de sens et se sentent souvent incompris, voire ignorés. Pour beaucoup, le seul moyen de se faire entendre consiste à élever la voix, ou pire encore à en venir aux mains !

Les personnes qui exercent un métier en lien avec l’éducation des jeunes sont de plus en plus confrontées à la difficulté d’établir des relations de qualité, dans un climat de bienveillance et de respect mutuels. La structure familiale a elle aussi beaucoup évolué. La vie professionnelle consomme une part importante de notre temps. Ce temps passé dans la vie active fait la part belle au temps que nous consacrons à notre famille.

Dans cet équilibre précaire « vie privée/vie professionnelle », les partages et les échanges entre parents et enfants sont limités. Dans cette société où le temps est une denrée rare, il reste peu d’espace pour soigner les relations que nous entretenons avec notre entourage (parents, enfants, amis, élèves, collègues, …). Il apparaît dès lors essentiel que nous accordions une attention plus grande à la qualité des moments passés ensemble, que nous (ré-) apprenions à communiquer efficacement, dans le respect de nous-mêmes et de ceux qui nous entourent.

Savoir être plutôt que savoir faire

Le processus de la Communication NonViolente permet d’aider les acteurs de l’école (enfants, parents et enseignants) à développer de nouvelles aptitudes en matière de qualité de relation, de résolution de conflits, de compréhension et de respect mutuels, ce qui aura pour conséquence de « pacifier » les relations. L’enjeu consiste à se focaliser davantage sur le savoir-être et le savoir vivre en semble plutôt que de tout miser sur le savoir faire.

L’enjeu est de taille car il s’agit d’un changement complet de notre manière d’envisager l’éducation :

– Passer de l’usage punitif à l’usage protecteur de la force, au service de la vie;
– En tant qu’adulte, oser se montrer vulnérable en partageant ses émotions et ses aspirations, de manière à encourager l’enfant à faire de même;
– Investir du temps dans la relation; prendre le temps d’écouter et d’accueillir ce que l’enfant vit et l’aider à chercher des solutions concrètes de la manière la plus autonome possible;
– Oser quitter le mode de domination et le “pouvoir sur” pour explorer un espace de créativité et de collaboration axé sur la “puissance avec”;
– Fixer un cadre sécurisant et sécurisé, constitué de règles au service de la vie en communauté, établies si possible en concertation avec les jeunes concernés.

Comment transmettre la CNV en milieu scolaire ?

Pour que la démarche ait du sens, l’idéal est de travailler de concert avec les différents publics concernés, à savoir : les enseignants et éducateurs, les jeunes et leurs parents. Des projets pilotes existent, qui intègrent la formation et l’accompagnement de ces différents acteurs en parallèle. Échelonnés sur plusieurs années, ils tendent à rendre les professionnels de l’éducation autonomes dans la transmission du processus, tant auprès des jeunes que de leurs pairs. La démarche diffère selon les acteurs concernés.

 

1. Au niveau des enseignants et des éducateurs »

L’apprentissage des bases a le plus souvent lieu dans le cadre de journées pédagogiques, et se limite en général à un maximum de deux jours de formation. C’est mieux que rien, mais c’est beaucoup trop peu pour que les participants soient en mesure d’appliquer le processus valablement en toutes circonstances. Deux jours permettent de comprendre la théorie, mais en aucun cas de pratiquer à travers des exercices issus de l’expérience de terrain.

L’apprentissage des bases demande à mes yeux un minimum de quatre journées de formation : deux jours sur la relation à soi, suivis de deux jours sur la relation à l’autre et l’ouverture au dialogue. Par la suite, si l’école souhaite vraiment intégrer les valeurs du processus de la CNV dans son projet d’établissement, il est souhaitable que les enseignants participent à des séances de supervision, des journées de formation à la médiation et des journées spécifiques au cours desquelles ils apprennent à transmettre le processus aux enfants à travers des jeux. Des outils didactiques spécifiques ont été développés par des formateurs certifiés chevronnés.

Dans tous les cas, le mieux est de demander une offre adaptée aux besoins de l’école concernée.

2. Au niveau des jeunes »

Dans l’approche spécifique des enfants et des adolescents, nous utilisons le jeu car il fournit un contexte sécurisant. Le plaisir et le rire créent des occasions de retrouver la joie du cœur, favorisent les liens, ouvrent à la nouveauté dans la relation et facilitent l’intégration de la démarche CNV. Les temps d’intériorité qui suivent les moments de jeux aident à la perception de ce qui se vit en soi et en l’autre.

L’idéal est de prévoir une douzaine d’animations par groupe classe, étalée entre octobre et avril en moyenne, à raison d’une séance de deux heures tous les 15 jours environ. Ces animations peuvent être dispensées dès la maternelle. La première année est consacrée à l’apprentissage et l’expérimentation des bases et des valeurs véhiculées par le processus : l’ouverture à la différence et la conscience de notre humanité commune notamment.

Si c’est possible, une seconde année est profitable pour la mise en place d’un Conseil de Coopération. Un conseil de coopération, c’est la réunion de tous les membres d’un groupe (ici, la classe), où ensemble et en cercle, on gère la vie du groupe : on célèbre ce qui va bien et on recherche ensemble des solutions à ce qui pose problème. On y aborde aussi bien des sujets concernant l’organisation de la vie en communauté que les responsabilités, les jeux, les relations interpersonnelles ou les projets.

Le conseil de coopération n’est pas un tribunal où l’on cherche des coupables mais un lieu où l’on apprend à se comprendre, à se connaître avec ses forces et ses faiblesses. C’est un lieu où on cherche un moyen, non de punir, mais de s’entraider. C’est un lieu de résolution de problèmes, de recherche de consensus. C’est un merveilleux moyen d’apprendre à communiquer autrement et à vivre, ensemble, les valeurs véhiculées par le processus de la Communication NonViolente.

J’ai eu la chance de l’implémenter dans plusieurs classes de primaire, et j’ai vécu chacune de ces rencontres comme un lieu d’expérimentation de la vie relationnelle où le ressenti de chacun, enfant ou adulte, est pris en compte et débouche sur de nouvelles propositions de « Mieux Etre ensemble ».

3. Au niveau des parents »

Lorsqu’un projet global est mis en place au sein d’un établissement scolaire, si c’est possible, il est utile de sensibiliser également les parents des élèves concernés par la démarche.

La sensibilisation a généralement lieu sous forme d’une conférence, suivie, pour ceux qui le souhaitent, d’une douzaine de soirées au cours desquelles les participants apprennent les bases de la CNV à travers des exemples concrets vécus au sein de la cellule familiale.

N’hésitez pas à me contacter pour toute question ou information complémentaire !

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